La possibilité du fascisme

Présentation

Scores inégalés du Front national à toutes les élections depuis 2012 ; radicalisation identitaire de la droite ; mouvement réactionnaire de masse contre l’égalité des droits et les programmes éducatifs promouvant l’égalité de genre ; migrants systématiquement traqués et matraqués par la police (sur les ordres des gouvernements successifs), quand ils ne sont pas enlevés, tabassés et laissés pour morts par des milices à Calais ; multiplication des attaques physiques par des groupuscules d’extrême droite ; harcèlement public de personnalités musulmanes et de militants antiracistes ; intensification du quadrillage répressif des quartiers populaires et impunité des violences policières ; manifestations interdites et criminalisation croissante de toute contestation.

Sous des formes disparates et encore embryonnaires, mais dont la seule énumération dit la sclérose de la politique à l’âge néolibéral, c’est le fascisme qui fait retour et s’annonce, non comme une hypothèse abstraite mais comme une possibilité concrète. Pourtant, la possibilité du fascisme est généralement balayée d’un revers de main par les commentateurs : comment la République française, patrie autoproclamée des droits de l’homme, pourrait-elle engendrer le monstre fasciste ? La France ne s’est-elle pas montrée « allergique » au fascisme tout au long du XXe siècle, comme le prétendent certains historiens français ? Le Front national n’a-t-il pas renoncé au projet ultra-nationaliste, raciste et autoritaire qui le caractérisait depuis sa création ? N’est-il pas en crise suite à sa défaite au second tour de l’élection présidentielle ? N’assiste-t-on pas au renouveau du capitalisme français sous les auspices d’un jeune président réalisant enfin les « réformes » prétendument nécessaires ?

C’est à démonter ces fausses évidences que s’attache ce livre, scrutant ainsi la trajectoire d’un désastre possible, enraciné dans la triple offensive – néolibérale, autoritaire et raciste – dont Emmanuel Macron est la parfaite incarnation, mais résistible, pour peu que le danger soit reconnu à temps. Ceci n’est donc pas (seulement) un livre sur l’extrême droite. S’il faut prendre au sérieux cette dernière, il importe tout autant de replacer sa résurrection et son renforcement dans le processus historique de radicalisation de la classe dirigeante française dans son ensemble. Produit et productrice d’une interminable crise politique, cette radicalisation a favorisé l’ascension d’un fascisme d’un genre nouveau, qui s’incarne actuellement sous les traits du Front national sans pour autant s’y réduire. Ainsi plaiderons-nous en conclusion de cet ouvrage pour l’affirmation d’un antifascisme menant de front le combat contre ce néofascisme en gestation, et contre la triple offensive qui en favorise l’ascension.

 

Entretiens autour du livre

L’Humanité : « Le ni droite ni gauche n’opère que si la gauche gouverne à droite  ». Version intégrale ici

Hors-Série : « La possibilité du fascisme »

Le Vif : « La France est un des pays européens où le danger fasciste est le plus intense »

RTBF : « Le capitalisme a permis la renaissance de l’extrême droite »

RTS : « Faut-il s’attendre à un retour du fascisme ? »

Le Média : « La possibilité du fascisme »

Contretemps : « Notre temps n’est nullement immunisé contre le cancer fasciste »

Regards : « Il y a un risque de fascisation accélérée »

Le Courrier : « Un déclin engendre des monstres »

StreetPress : « Existe-t-il un danger fasciste en France ? »

France Culture : « La possibilité du fascisme »

L’Anticapitaliste : « Ce qui rend le fascisme possible… »

US mag (SNES) : « Le capitalisme, sous sa forme néolibérale, fait le lit du fascisme »

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